Ivan Rioufol : « Cet antiracisme qui n’aime pas le Blanc »

Les organisations antiracistes, qui ont fait condamner -blancpour provocation à la discrimination raciale et dont certaines, comme le Cran, réclament à ses employeurs « d’en tirer toutes les conséquences », ne devraient pas se réjouir si vite. D’autant que leur victoire a été concédée par une Justice qui n’inspire plus confiance à une partie de l’opinion, de plus en plus attachée à la défense de la libre expression, que l’internet ne fera plus reculer. Or c’est cette liberté qui est atteinte par le jugement. Il sanctionne non pas des outrances mais un commentaire sur la réalité d’une délinquance ethnique et une appréciation hâtive sur la liberté laissée à un employeur de choisir son employé. Cet empressement à sanctionner des propos effectivement déplaisants sur les comportements de certaines minorités vient rappeler que l’idéologie antiraciste, ce communisme du XXI è siècle, n’a pas encore rendu les armes. Cependant, je pense que ces mouvements prétendument exemplaires mènent des combats à sens unique qui les rendent pour cela indéfendables. Il y a de l’imposture derrière leur posture.

Je n’insiste pas sur ceci: il est ahurissant de constater que le flot de haine que déversent certains rappeurs contre la France et les Français laisse les censeurs indifférents à ces propos tenus dans l’impunité. Mais cette surdité dépasse ce seul domaine, souvent rappelé à juste titre. L’aveuglement est, plus généralement, sur ce nouveau et banal racisme anti-blanc observable dans des banlieues. S’en émouvoir vaut, pour les flics de la pensée, d’être accusé de tenir des propos d’extrême droite. Or, je soutiens que nous assistons actuellement au même déni qui avait conduit les donneurs de leçons à ne pas vouloir regarder, à la fin des années quatre-vingt-dix, la montée de la judéophobie chez de nombreux jeunes des cités. Pour les mouvements antiracistes, seuls le Blanc et le « Français de souche » sont apparemment présumés coupables. Et c’est cette injustice, avalisée par une Justice perméable à un politiquement correct construit sur la haine de soi et le déni des faits, qui révulse une partie de l’opinion.

J’aimerais que les responsables de SOS Racisme, du Mrap, de la Licra, etc, lisent le petit livre de Tarik Yildiz : Le racisme anti-blanc, Editions du Puits de Roulle. Yildiz,  25 ans, habite la banlieue parisienne et est diplômé de Sciences Po Paris. Il est né en France de parents venus de Turquie et il vit sa religion paisiblement. Dans ce court essai, il fait parler des « Français de souche » qui, dans les banlieues, sont les victimes silencieuses d’une « haine de la France » et de « violences racistes » portées, dit-il, par des musulmans. Il écrit : « Certaines personnes que j’ai interrogées avaient les larmes aux yeux en parlant de leur quotidien ou de ce qu’il a été. J’ai senti une colère mêlée à une sorte de profonde résignation. Toutes et tous ont le sentiment de ne pas être entendus, de ne pas compter dans la société et d’être totalement délaissés. Moi-même, témoin de ce racisme dans ma scolarité, je n’avais pas mesuré l’ampleur de cette colère envers les élites et les intellectuels, accusés de ne pas vouloir voir la réalité ». C’est ce deux poids deux mesures qu’avalisent les organisations antiracistes. A quoi servent-elles?

Ivan Rioufol

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