Archive for the Histoire Category

Ainsi parlait Europe-Action n°30

Posted in Histoire, Idées with tags , , , on février 15, 2012 by terreetpeuple

« Le véritable sens de notre lutte apparaît de plus en plus clairement : c’est la défense de l’individu contre les robots et, par conséquent, celle des patries contre l’universalisme. Pour nous, chaque homme et chaque nation possèdent une personnalité irréductible (…) Le nationalisme, c’est d’abord reconnaître ce caractère sacré que possède chaque homme et chaque femme de notre pays et de notre sang. Notre amitié doit préfigurer cette unanimité populaire qui reste le but final de notre action, une prise de conscience de notre solidarité héréditaire et inaliénable. C’est cela notre socialisme ».
Jean Mabire, Europe-Action, juin 1965, n°30.

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Les derniers néandertaliens près du cercle polaire ?

Posted in Histoire with tags , , , , , , on novembre 7, 2011 by sigridhelia


Localisation du site de Byzovaya

Publié dans la revue américaine Science du 13 mai 2011, l’étude réalisée par une équipe internationale, sur des vestiges retrouvés à proximité du cercle polaire arctique et caractéristique de la culture moustérienne, bouscule les théories établies.

Une équipe pluridisciplinaire de chercheurs français du CNRS (1), en collaboration avec des scientifiques norvégiens et russes, s’est intéressée au site préhistorique de Byzovaya, localisé en Russie, dans l’Ouest de l’Oural, juste au dessous du cercle polaire, sur l’actuel emplacement de la république des Komis. C’est là que, depuis 1996, des archéologues ont exhumé plus de 300 objets en pierre et 4 000 os d’animaux – mammouth, renne, ours brun, rhinocéros laineux, bœuf musqué, loup et renard polaire – portant des traces de dépeçage dues à des chasseurs. Mais aucun reste humain.

Les outils sur éclats découverts ressemblent aux grattoirs et aux instruments de découpe caractéristiques du Moustérien. Effectivement, la culture moustérienne, qui s’est épanouie au cours du Paléolithique moyen (-300 000 à – 33 000 ans), se caractérise par l’utilisation d’une grande variété de tels outils. En Europe, l’usage de ces objets a été exclusivement associée à Homo neanderthalensis, même si des fouilles démontrent que cette technologie a aussi été utilisée par Homo sapiens, l’homme moderne, au Proche-Orient entre – 200 000 et – 40 000 ans. Jusqu’à présent, les scientifiques estimaient que cette culture lithique archaïque n’aurait pas permis à Néandertal la colonisation des espaces nordiques les plus extrêmes et lui aurait été fatale il y a 33 000 à 36 000 ans. Il aurait alors cédé la place à l’Homme moderne, qui aurait occupé l’ensemble de l’Eurasie grâce à sa plus grande maîtrise technique.

Outils moustériens de Byzovaya

Le professeur Trinkaus, anthropologue à l’Université Washington de Saint-Louis, souligne qu’il s’agit de vestiges « très intéressants en termes d’informations sur des hommes présents si loin au nord au cours du Paléolithique moyen ».

Une datation surprenante

Grâce à la datation au radiocarbone – ou carbone 14 – et à l’utilisation de la technique de « luminescence optique simulée », qui permet de savoir quand des sédiments ont été exposés à la lumière pour la dernière fois, les chercheurs ont pu dater avec précision les vestiges. Les résultats indiquent qu’ils remontent à 28 500 ans, 8 000 ans après la supposée disparition de l’homme de Néandertal. « A cette période on ne trouve, dans toute l’Eurasie, que des cultures du paléolithique supérieur propres à l’Homo sapiens » explique l’un des membres de l’expédition, le Français Ludovic Slimak.

Ces résultats, qui contredisent la vulgate jusqu’alors admise par le monde scientifique, étonnent donc les chercheurs. D’abord, ils montrent que la culture moustérienne aurait survécu plus longtemps que l’on ne pensait. En outre, aucune société du Moustérien n’avait encore été découverte à proximité directe du cercle polaire. Dans la revue Science, ce même Slimak, remarque que la présence de cette culture est « localisée à 1 000 kilomètres plus au Nord que la limite connue jusqu’à présent » ! Enfin, le site de Byzovaya n’aurait été occupé qu’une seule fois, il y a 28 500 ans environ .

Homo neanderthalensis ou Homo sapiens ?

Cette découverte pose donc de nombreuses questions sur les utilisateurs de cette culture moustérienne à proximité du Pôle. Selon l’archéologue John Shea, de l’Université Stony Brook de New York, il n’est pas totalement exclu que les outils de Byzovaya soient l’œuvre d’un « cousin » de Néandertal, identifié récemment, l’Homme de Denisova. Pour sa part, John Hoffecker, de l’Université du Colorado, partisan de la thèse Homo sapiens, estime que les artefacts ressemblent à des outils de pierre utilisés par certains chasseurs-cueilleurs récents : « Byzovaya offre probablement plutôt des preuves que les hommes modernes, à l’âge de pierre, ont rapidement poussé jusqu’à l’Arctique à partir de latitudes plus basses, en Asie occidentale, au moins sur une base saisonnière ».

Toutefois, les auteurs de l’étude penchent plutôt pour l’hypothèse néandertalienne, insistant sur le fait qu’ils n’ont découvert sur le site aucune lame ou lamelle, pourtant caractéristiques de l’industrie lithique sapiens de l’époque. Pour eux, attribuer les outils de Byzovaya à l’Homme moderne, « cela impliquerait que des groupes Homo sapiens de l’Arctique aient conservé une culture bien plus ancienne de l’âge de pierre, après l’expansion des sociétés d’hommes modernes dans le reste de l’Eurasie ».

L’équipe internationale suppose donc que les Néandertaliens, même disparus d’Eurasie, pourraient bien avoir survécu dans cette région reculée proche du cercle polaire. « Nous considérons qu’il est extrêmement probable que la technologie moustérienne que nous décrivons a été réalisée par les Néandertaliens et donc qu’ils ont en effet survécu plus longtemps – soit jusqu’à 33 000 ans BP – que la plupart des autres scientifiques ne le croient » précise Jan Mangerud, professeur à l’Université de Bergen et co-auteur de l’étude. Une hypothèse pourtant contredite par la récente redatation d’os néandertaliens trouvés dans le Caucase, selon laquelle cette espèce y aurait disparu après 40 000 BP (2).  Pour l’auteur de cette redatation caucasienne, le professeur Thomas Higham, de l’Université d’Oxford, il se peut que la découverte de Bizovaya « revienne à déconsidérer la supposition selon laquelle outils moustériens = occupation néandertalienne ». Il concède cependant qu’ « il se pourrait que les derniers Néandertaliens dans la région survivaient dans des refuges de l’Arctique comme Byzovaya, longtemps après que leurs frères plus au Sud aient disparu ». Pour rajouter à la confusion, rappelons que les travaux de Clive Finlayson ont conclu à la survivance encore bien plus récente de Néandertaliens – 24 000 ans -, bien plus à l’Ouest, dans la caverne de Gorham, à Gibraltar.

La disparition des Néandertaliens

L’Homme de Néandertal aurait-il vécu plus longtemps que présumé ? Ou bien les porteurs de cette ultime culture moustérienne auraient-ils été des Homo sapiens dépositaires de l’héritage culturel néandertalien ? Dans ce dernier cas, les théories expliquant l’extinction des Néandertaliens par l’archaïsme de leur culture, leur incapacité à s’adapter et à coloniser les environnements nordiques les plus extrêmes de la planète, seraient remises en cause. « L’absence de fossiles humains ne permet pas de trancher cette question » regrette Ludovic Slimak. La réponse attesterait soit de la persistance d’un foyer de Néandertaliens dans une zone septentrionale, soit de la persistance d’une culture des milliers d’années après l’extinction du groupe biologique qui lui est associé.

Ludovic Slimak et Pavel Pavlov examinant une défense de mammouth du gisement de Byzovaya

Quoi qu’il en soit, « la présence de traces de culture moustérienne toute proche du Pôle remet en cause cette hypothèse climatique de même que sa supposée infériorité technique », estiment les auteurs de l’étude sur Byzovaya. Pour Ludovic Slimack, il ne faut pas chercher une cause unique à la disparition de Néandertal : « Il est plus que probable qu’il y ait eu des causes d’extinctions variées en fonction de la localisation des divers groupes de Néandertaliens ». Il conclut : « Les Néandertaliens n’ont pas disparu en raison de changements climatiques ou d’une infériorité culturelle. Il est clair que, montrant sa capacité d’adaptation, la culture moustérienne ne peux plus être considérée comme archaïque ».

Les enjeux scientifiques de cette découverte sont immenses, comme l’écrivent les chercheurs dans la revue Science : « Cette découverte remet en question l’hypothèse la plus souvent avancée selon laquelle l’Homo sapiens aurait complètement remplacé les Néandertaliens dans toute l’Europe il y a environ 37 000 ans ». Encore un dogme scientiste qui vole en éclat. Au suivant !

Jean-François Vilhet, Hyperborée, automne-hiver 2011, n°12.

Références : L.Slimak, J.I.Svendsen, J.Mangerud, H.Plisson, H.P.Heggen, A.Brugère et P.Y.Pavlov « Late mousterian persistence near the Arctic Circle », Science, 13 mai 2011.

Notes

(1) Laboratoire travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (CNRS, Université Toulouse-Le Mirail, ministère de la Culture et de la communication, INRAP, EHESS), Laboratoire de la préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie (CNRS, Université Bordeaux I, ministère de la Culture et de la communication, INRAP), Laboratoire archéologies et sciences de l’Antiquité (CNRS, universités Paris I Sorbonne et Paris Ouest Nanterre-La Défense, ministère de la Culture et de la communication,).

(2) L’expression « avant le présent » (en anglais, Before Present : BP) est utilisée en archéologie pour désigner les âges exprimés en nombre d’années comptées vers le passé à partir de l’année 1950 du calendrier grégorien. Cette date a été fixée arbitrairement comme année de référence et correspond aux premiers essais de datation au carbone 14.

Nos ancêtres à la conquête de la Méditerranée, il y a 130 000 ans

Posted in Histoire with tags , , , , , , , on octobre 16, 2011 by TP Provence

Une découverte archéologique au sud de la Crète bouleverse l’histoire de la conquête des mers et des peuplements des îles méditerranéennes. La nouvelle, annoncée à l’origine par Hesperia, bulletin de l’Ecole américaine d’archéologie d’Athènes, a été saluée par le magazine Archeology comme l’un des dix événements de l’année 2010.

3 janvier 2011. Le ministère grec de la culture annonce que des recherches archéologiques menées en Crète, dans le sud de la Grèce, ont livré la première preuve au monde que les ancêtres de l’homme prirent la mer il y a plus de 130 000 mille ans. A l’issue de deux ans de fouilles autour de la localité de Plakias, dans le sud de l’île de Crète, une équipe gréco-américaine a mis au jour des pierres taillées paléolithiques, remontant à 130 000 ans au moins. Ces trouvailles, qui attestent pour la première fois d’une installation d’hominidés sur l’île avant le néolithique (7000 – 3000 avant notre ère), apportent aussi « la plus ancienne preuve de navigation au monde », précise encore le communiqué officiel. Les outils, des « haches », ont été trouvés près de vestiges de « plate-formes marines remontant à au moins 130 000 ans, ce qui apporte la preuve de voyages marins en Méditerranée des dizaines de milliers d’années plus tôt que ce que nos connaissances établissaient jusque là » relève le ministère. Et de conclure : ces découvertes, faites près de la très touristique plage de Prévéli, « modifient aussi l’estimation des capacités cognitives des premières espèces humaines », les outils retrouvés renvoyant à des populations d’ « Homo erectus et Homo heidelbergensis ».

La découverte d’outils de pierre taillée

Cette formidable aventure scientifique commence sur la côte sud de la Crète, près du site de Plakias, où existe aujourd’hui une station balnéaire dont la baie, très ventée, attire – clin d’œil de l’histoire – de nombreux véliplanchistes. On trouve là de hauts reliefs de calcaire forgés par la tectonique des plaques, des terrasses laissées par la baisse du niveau de la mer qu’elles surplombent d’une centaine de mètres, des grottes et des abris rocheux. Ce n’est pas par hasard si l’Américain Thomas Strasser, professeur au Providence College de Rhode Island, aux Etats-Unis, et la Grecque Eleni Panagopoulou, de la direction de la paléoanthropologie et de la spéléologie de la Grèce du sud, ont engagé des fouilles précisément à cet endroit. L’équipe a été guidée par des critères simples, comme la présence d’eau potable et de cavités habitables, critères qui ont déjà permis de localiser des implantations préhistoriques en Grèce continentale.

La baie de Plakias

Au cours de campagnes de fouilles réalisées en 2008 et 2009, les chercheurs découvrent un véritable trésor. Plus de 2000 pierres taillées, façonnées dans du quartz blanc, du quartzite et du chert – une roche siliceuse – dont la taille varie de vingt centimètres pour les plus grands, à moins de un centimètre pour les plus petits éclats. On y trouve des bifaces, des hachereaux, des racloirs, des grattoirs, des perforateurs, des burins. « Notre première réaction a été l’incrédulité, a déclaré Eleni Panagopoulou. Nous étions tout à la fois heureux, stupéfaits et troublés. Puis nous avons dû nous rendre à l’évidence. Car ces outils sont très caractéristiques ».

Restes de haches retrouvés sur le site

L’œuvre d’Homo erectus ou d’Homo sapiens ?

Les pièces mises à jour sont impossibles à dater directement. Mais les couches sédimentaires et les terrasses marines où ils ont été retrouvés laissent présager deux vagues de peuplement. La plus récente, au début de l’holocène, voilà 9000 à 11000 ans, et la plus ancienne au pléistocène, il y a 130 000 ans au moins. Cette phase d’occupation, pense la chercheuse grecque, a même sans doute été « beaucoup plus précoce ». Pascal Depaepe, directeur scientifique de l’INRAP (1) et spécialiste du paléolithique, qui a examiné la facture plutôt grossière de ces vestiges, pense, lui, que les plus anciens pourraient avoir en réalité plusieurs centaines de milliers d’années. Toutefois, précise-t-il, « pour les dater avec certitude, il faudrait pouvoir les associer à des ossements humains qui font défaut ».

Un biface qui daterait de plus de 130 000 ans !

Cette découverte extraordinaire pose bien des questions. Premier mystère : quels représentants du genre humain en furent les artisans ? Si les plus vieux objets lithiques remontent « seulement » à 130 000 ans, ils pourraient bien avoir été façonnés par des néandertaliens ou des hommes modernes, les Homo sapiens. Certes, si l’on en croit la doxa imposée par la science officielle, ceux-ci sont censés n’avoir quitté leur supposé berceau est-africain, où ils seraient nés voici 200 000 ans, il n’y a qu’environ 60 000 ans, pour « conquérir » l’Asie et l’Europe. Dogme quasi religieux, remis en question par nombre de découvertes, ainsi par exemple, ces dents datant de 400 000 ans, trouvées récemment par des chercheurs israéliens, qui auraient appartenu à des Sapiens archaïques. Si, en revanche, les outils ont plusieurs centaines de milliers d’années, ils seraient alors l’œuvre de très anciens cousins, Homo erectus ou Homo heidelbergensis

Les premiers navigateurs !

Un second mystère, plus insondable encore, se pose aux scientifiques. Effectivement, la Crète est séparée du continent depuis plus de cinq millions d’années, sans qu’aucune glaciation ou baisse de niveau n’aient jamais permis de la rejoindre à pied. Les tailleurs de pierre du pléistocène y sont donc obligatoirement arrivés sur une embarcation. Il suffit de lire une carte pour mesurer l’exploit accompli. Même en imaginant des eaux plus basses d’une centaine de mètres, comme lors du dernier maximum glaciaire, il y a 21 000 ans, la bathymétrie (2) montre qu’il leur a fallu parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en haute mer, en partant soit de la Grèce continentale, soit de la Turquie, en tenant compte d’éventuelles escales sur les îles de Cythère et d’Anticythère dans le premier cas, de Karpathos et de Kasos dans le second. Depuis la côte libyenne, ils auraient dû voguer sur 200 km, ce qui rend cette troisième hypothèse peu probable.

Le plus vraisemblable, suppose le linguiste Christophe Coupé (3), qui travaille sur les liens entre langue et navigation, est que les premiers marins hauturiers furent « des peuples familiers de la mer, habitués à voyager le long des rivages », qui se sont ensuite enhardis et aventurés plus loin. Evacuons le scénario selon lequel quelques naufragés, emportés par les courants, auraient échoué à Plakias. « Le très grand nombre d’outils trouvés, comme le seuil de population nécessaire à sa survie et à sa reproduction, laisse penser que la colonie devait compter au moins une cinquantaine d’individus » évalue Eleni Panagopoulou. Et qu’il y a donc eu, sans doute, « plusieurs voyages ».

Jusqu’à présent, les paléoanthropologues tenaient pour établi que les premières implantations humaines sur les îles méditérranéennes (Sicile, Sardaigne, Corse) remontaient à une période plus récente. Les colons de Plakias font reculer de plus de cent mille ans, et probablement bien davantage, les débuts de la navigation en Méditerranée, devançant largement les Sapiens qui, il y a 60 000 ans, accostèrent en Australie, où leur présence est attestée par des outils de pierre, mais également des ossements et un bouleversement de l’écosystème fatal à de gros marsupiaux. Ils restent cependant battus par les premiers occupants de l’île de Florès, en Indonésie, où a été mis au jour un outillage lithique datant, lui, de 700 000 à 800 000 ans. Mais le chapelet formé par les îles indonésiennes permettait, lors des pics glaciaires, de passer de l’une à l’autre en franchissant des bras de mer d’une dizaine de kilomètres au maximum.

Pour les professeurs Strasser et Panagopoulou, ces fouilles jettent une nouvelle lumière sur l’histoire « de la colonisation de l’Europe par des hominidés venus d’Afrique ». Dans un article publié par Hesperia, ils écrivent : « L’approche d’un peuplement de l’Europe seulement par la terre doit clairement être repensée (…) il y a peut-être eu des routes maritimes empruntées par des navigateurs sur de longues distances ». Par contre, ils relèvent ne pas pouvoir, en l’état, déterminer d’où venaient les navigateurs paléolithiques de Crète, « une origine africaine ou proche-orientale étant aussi probable qu’une provenance d’Anatolie ou de Grèce continentale ». Encore un effort, Messieurs les chercheurs, pour vous affranchir du dogme de l’out of Africa, et conclure qu’une provenance d’Anatolie ou de Grèce continentale est aussi probable qu’une origine africaine ou proche-orientale !

Jean-François Vilhet, Hyperborée, automne-hiver 2011, n°12.

Notes

(1) Institut national de recherches archéologiques préventives.

(2) Mesure des profondeurs marines.

(3) Chargé de recherche au Laboratoire dynamique du langage, CNRS-Université de Lyon.

Références :

Thomas Strasser, Eleni Panagopoulou, Curtis Runnels, Priscilla Murray, Nicholas Thompson, Panayiotis Karkanas, Floyd McCoy, et Karl Wegmann, « Stone Age Seafaring in the Mediterranean: Evidence from the Plakias Region for Lower Palaeolithic and Mesolithic Habitation of Crete », Hesperia, 79.2, pp. 145-190.

 

Honneur à Jean Bastien-Thiry

Posted in Histoire with tags , , , on février 18, 2011 by TP Provence

A quand une repentance pour les « captifs en Barbarie » ?

Posted in Histoire with tags , , on janvier 11, 2011 by TP Provence

Des centaines de livres sont consacrés chaque année aux Africains vendus (généralement par leurs compatriotes) aux négriers fournissant les colonies d’outre-Atlantique. Un calvaire également détaillé dans de multiples films et émissions de télévision et solennellement évoqué chaque 10 mai par la « Journée commémorative des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition » instituée (sans crainte de la redondance !) par Jacques Chirac en 2005 avant que Nicolas Sarkozy n’y aille de sa larme le 8 janvier dernier lors de son hommage antillais à Aimé Césaire. Mais qui rappelle le martyre des esclaves blancs, plus d’un million selon l’historien anglais Giles Milton ?

Dans son roman policier Le Phare, paru en 2008 à LGF/Livre de Poche et qu’elle situe à Combe Island, au large de la Cornouailles, l’Anglaise P. D. James signale à plusieurs reprises la terreur exercée par les pirates maghrébins, surtout ceux de Rabat-Salé, sur les côtes sud de l’Angleterre où ils s’étaient emparés de plusieurs îles, transformées en bastions. Le sort tragique et « l’histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d’islam », c’est justement ce qu’a étudié l’historien Giles Milton, anglais lui aussi, dans Captifs en Barbarie.

Plus d’un million d’esclaves blancs

On sait quelle ampleur avait prise la piraterie barbaresque en Méditerranée et le péril qu’elle faisait courir aux populations riveraines, au point que la prise de la Régence d’Alger par la France, en 1830, fut approuvée et accueillie avec soulagement par toute l’Europe. Même si une cousine de la future impératrice Joséphine, la Créole Aimée Dubuc de Rivery, qui avait pris place sur un bateau pour la Métropole, vit le navire arraisonné et ses passagers vendus en esclavage, elle-même étant destinée au harem du sultan de Stamboul, on sait moins que cette piraterie fut presque aussi active dans l’Atlantique. A partir des côtes marocaines furent ainsi razziés aux XVIIe et XVIIe siècle non seulement des Britanniques mais aussi des Scandinaves, des Islandais, des colons du Groenland et même des Américains.

Après de longs recoupements, Giles Milton estime à plus de un million le nombre des esclaves occidentaux dont une infirme minorité put recouvrer la liberté, grâce au versement d’une rançon ou par évasion — cas du Cornouaillais Thomas Pellow, enlevé en 1715 à l’âge de onze ans, enfin libre vint ans plus tard et dont l’autobiographie publiée en 1740, après son miraculeux retour en Angleterre, sert à l’auteur de fil conducteur.

A l’époque comme aujourd’hui en Afghanistan et surtout en Afrique (qu’on pense à la Somalie, au Mali où croupissent plusieurs Français), la prise d’otages occidentaux était pratiquée à grande échelle pour obtenir d’abord d’extravagantes rançons, surtout quand ces otages étaient de hauts personnages, mais aussi pour obtenir aussi des appuis politiques et des retournements d’alliances. Ainsi le Maroc multiplia-t-il au début du XVIIe siècle les razzias d’Anglais dans le dessein d’obliger le roi Jacques 1er Stuart à attaquer l’Espagne.

Une main-d’œuvre à bon marché

Mais la cause principale était évidemment de se procurer au moindre coût une énorme main-d’œuvre. Celle-ci étant par exemple nécessaire à la réalisation des projets pharaoniques du sultan alaouite Moulay Ismaïl qui régna de 1672 à 1727 et dont l’obsession était de surpasser Louis XIV, qu’il sommait d’ailleurs de se convertir à l’islam… Ce qui n’empêchait d’ailleurs pas ce fervent musulman de se saouler rituellement à mort pour fêter la fin du ramadan ! Pour que son ensemble palatial de Meknès, avec notamment le Dar el-Mansour, « haut de plus de cinquante mètres », fût infiniment plus vaste et plus imposant que Versailles, le monarque avait donc besoin d’une masse d’ouvriers mais aussi d’artisans, de contremaîtres et d’architectes que seuls pouvaient lui procurer les pirates écumant les côtes européennes. Selon l’historien arabe Ahmad al-Zayyani cité par Milton, il y eut simultanément à Meknès jusqu’à 25 000 esclaves européens, soit une population « à peu près égale à celle d’Alger ».

Certes, il y avait un moyen pour les captifs d’adoucir leur servitude : embrasser l’islam, comme l’avait fait le renégat hollandais Jan Janszoon, devenus l’un des plus redoutables et des plus riches chefs pirates sous le nom de Mourad Raïs. Mais la foi étant encore si grande et si profonde à l’époque, bien peu s’y résolurent, préférant l’enfer sur terre à l’Enfer au Ciel.

Car c’est bien la géhenne que ces malheureux subissaient sous la férule d’une sanguinaire Garde noire, qui terrorisait autant qu’elle surveillait. Ces Noirs, « d’une hauteur prodigieuse, d’un regard épouvantable et d’une voix aussi terrible que l’aboiement de Cerbère » selon l’ancien esclave français Germain Moüette, n’hésitaient pas à recourir aux châtiments les plus extrêmes, voire à la peine capitale, à l’encontre des prisonniers rétifs, ou simplement trop malades et donc incapable de fournir le labeur exigé d’eux malgré les rations de vin et d’eau-de-vie procurées par les juifs, courtiers habituels entre les pirates et Moulay Ismaïl.

Non content de procéder aux pires profanations — après la prise de la place-forte espagnole de la Memora en 1688, le souverain alaouite se fit apporter les statues de la Vierge et des saints afin qu’il puisse « cracher sur elles » avant de les faire briser— Moulay Ismaïl prenait grand plaisir au spectacle de la torture. Selon le récit de Harrison, ambassadeur anglais venu négocier le rachat de ses compatriotes et surtout des femmes, le sultan, qui se déplaçait volontiers sur un « char doré, tiré non par des chevaux mais par un attelage d’épouses et d’eunuques », pour la plupart européens, « faisait battre les hommes presque à mort en sa présence, certains sous la plante des pieds et il les forçait ensuite à courir sur des cailloux et des épines. Certains des esclaves avaient été traînés par des chevaux jusqu’à être mis en pièces. D’autres avaient même été démembrés alors qu’ils étaient encore vivants, leurs doigts et orteils coupés aux articulations ; bras et jambes, tête, etc. »

L’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité

Un traitement sadique que ne subirent jamais les victimes de la traite triangulaire. « Etre esclave en Géorgie, voilà le vœu d’un ouvrier lyonnais », devait d’ailleurs écrire l’humoriste français Alphonse Karr à la veille de la guerre de Sécession. Certes, tous les « captifs en Barbarie », et notamment au Maroc, pays dont on nous dit être de haute civilisation et profondément humaniste, ne furent pas traités de manière aussi inhumaine. Comme dans d’autres camps, plus récents, beaucoup succombèrent non sous les coups ou la question, mais du fait d’épidémies décimant des organismes affaiblis par la faim, le froid des nuits d’hiver et surtout une promiscuité immonde, les esclaves regroupés dans des cellules surpeuplées vivant dans leurs immondices.

Nul ne saurait bien sûr, et surtout pas notre Nomenklatura politique (Nicolas et Carla Sarkozy, Jacques et Bernadette Chirac, Dominique et Anne Strauss-Kahn, Béatrice et Jean-Louis Borloo, Patrick et Isabelle Balkany, Ségolène Royal, Jean-Paul Huchon et quelques autres) qui vient de passer Noël au Maroc, exiger une repentance en bonne et due forme de la part de « notre ami le roi » Mohamed VI, actuel descendant de l’Alaouite Moulay Ismaïl. Mais l’Ecole de la République, si prolixe sur le sort des esclaves noirs, ne pourrait-elle du moins renseigner nos chères têtes blondes, et autres, sur ce que fut de l’autre côté de la Méditerranée le sort des esclaves blancs ? Cette ordalie subie par plus d’un million d’Européens constitue, Giles Milton est formel sur ce point, « l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité ». Pourquoi en est-elle aussi le chapitre le plus systématiquement occulté ?

Claude Lorne

Giles  Milton, Captifs en Barbarie / L’histoire extraordinaire des esclaves européens en terre d’Islam, traduction de l’anglais de Florence Bertrand, Payot coll. Petite Bibliothèque, 2008, 343 pages, 9,50€

Source : Polémia.

Combattons pour notre avenir et celui de nos enfants

Posted in Histoire, Vidéo with tags , on décembre 31, 2010 by TP Provence

Conférence-diaporama sur Sparte

Posted in Histoire with tags , , , , on décembre 8, 2010 by TP Provence